La génétique pour lever les freins à la valorisation des cyanobactéries
Sécuriser la filière des cyanobactéries grâce à la génomique et à la bioinformatique
Les cyanobactéries, comme la spiruline ou la Klamath, sont de plus en plus présentes dans les produits alimentaires et les compléments nutritionnels. Pourtant, leur valorisation est aujourd’hui freinée par un manque de données sur leur éventuelle toxicité. Certaines espèces de cyanobactéries peuvent en effet produire des toxines, appelées cyanotoxines, potentiellement dangereuses pour la santé humaine et animale.
Face à ces enjeux, le CEVA (Centre d’étude et de valorisation des algues) et l’ADRIA ont uni leurs expertises dans le cadre du projet CyanoTox, soutenu par l’Institut Carnot AgriFood Transition, l’ANR et la région Bretagne.
Objectif : garantir l’innocuité des souches et ouvrir de nouveaux débouchés
L’ambition du projet est claire : lever les incertitudes réglementaires qui pèsent sur le développement de la filière en identifiant, au niveau génétique, les souches sûres, et en comprenant les facteurs qui induisent la production de toxines.
Le projet s’articule autour de quatre axes majeurs :
- Évaluer la diversité génétique d’une collection de cyanobactéries (notamment spiruline, Klamath, Synechococcus elongatus, Microcystis aeruginosa).
- Identifier les gènes impliqués dans la synthèse de cyanotoxines (microcystines, anatoxines, saxitoxines, cylindrospermopsines, BMAA).
- Étudier les conditions environnementales favorisant ou limitant la production de ces toxines.
- Créer une base de données de génomes et de gènes d’intérêt permettant aux producteurs de mieux sélectionner et gérer leurs souches.
Une collaboration complémentaire CEVA / ADRIA

Le CEVA pilote le projet et met à disposition ses souches de cyanobactéries. Il coordonne les travaux d’isolement, de culture, et d’expérimentation sur les conditions d’induction de toxines.

L’ADRIA, de son côté, mobilise son expertise en génomique et bioinformatique : extraction de l’ADN, séquençage des génomes, création de la base de données et identification des gènes potentiellement toxiques.
Ce croisement de compétences permet de répondre à un enjeu double :
- Sanitaire, en apportant des garanties sur la sécurité des souches produites.
- Économique, en levant un frein majeur à la valorisation de nouvelles espèces de cyanobactéries, en particulier dans le domaine des biostimulants.
Vers une filière plus sûre, plus large, plus innovante
Les outils développés dans le cadre de CyanoTox permettront à terme :
- D’aider les producteurs à garantir l’innocuité de leurs produits.
- D’identifier rapidement les contaminations potentielles.
- D’ouvrir de nouveaux marchés de valorisation pour les cyanobactéries, aujourd’hui freinés par des incertitudes réglementaires.
Le projet s’inscrit dans une vision à long terme de sécurité sanitaire, de développement durable et de diversification des sources de valeur dans l’agriculture et l’agroalimentaire.
Fiche projet
Nom du projet : CyanoTox
Durée : 2024 – 2026 (24 mois)
Coordinateur : CEVA (Centre d’Étude et de Valorisation des Algues)
Partenaire : ADRIA
Financement / soutien :



- Institut Carnot AgriFood Transition
- Région Bretagne
- Agence Nationale de la Recherche (ANR)
Thématiques : cyanobactéries, sécurité sanitaire, génétique, bioinformatique, valorisation
Marchés cibles : alimentation humaine, agriculture (biostimulants), nutraceutique